Guide pour la prophylaxie de la lithiase urinaire

voir aussi Importance de l’analyse du calcul dans l’exploration de la lithiase rénaleLe bilan biologique: un outil indispensable pour la prise en charge des patients lithiasiques

Texte original.pdf

Les illustrations de cette page viennent du site UroSurf de l’hôpital de Berne

1. Diagnostic étiologique

Analyse du calcul par spectrométrie infrarouge = certitude

Si pas d’analyse :

Acide urique

  • radio transparent
  • pH urinaire du matin (2e urine) toujours inférieur à 6
  • notion de goutte ou d’hyperuricémie
  • hyperuricurie (facultative)
  • cristaux d’acide urique au sédiment

Struvite (Phospho-amoniaco-magnésien)

  • faiblement radio-opaque
  • généralement coralliforme
  • symptomatologie atypique (gêne ou douleurs vagues)
  • antécédents d’infection urinaire
  • pH urinaire > 7
  • cristaux en couvercle de cercueil
  • signes biologiques d’infection urinaire (leucocytes facultatifs)

Cystine

  • de radio-transparent à radio-opaque (généralement faiblement)
  • assez souvent coralliforme
  • début dès l’enfance ou l’adolescence
  • souvent néphrectomie
  • cystinurie positive (à confirmer par dosage quantitatif, test positif chez hétérozygotes)
  • cristaux de cystine (valeur diagnostique)

Carbapatite ou brushite (phosphate de calcium)

  • radio opaque
  • pH urinaire alcalin > 6.5
  • presque toujours hypercalciurie
  • doit faire rechercher hyperparathyroidisme primaire, acidose tubulaire distale, hypercalciurie-hyperphosphaturie

Weddelite ou whewellite (oxalate de calcium)

  • de loin la plus fréquente
  • radio opaque
  • pH urinaire indifférent
  • associée à hypercalciurie, hyperuraturie, hyperoxalurie et hypocitraturie

Lithiases rares

  • Urates d’ammonium (pH urines > 6.5, infection à germe uréasique ou carence en phosphates)
  • Médicaments (indinavir, sulfadiazine, …)

2. Prophylaxie

Dans tous les cas la diurèse journalière doit être supérieure ou égale à 2 litres par jour.

Soit en pratique : environ 2 l boissons en hiver et 3-4 l en été – repère pour le patient : urines toujours très claires

Acide urique

si hyperuricémie : zyloric

si hyperuraturie : augmentation proportionnelle de l’excrétion urinaire d’urée signe régime hyperprotidique. Dans ce cas traitement diététique (1 g/kg/jour protéines sans abats ni bière) – sinon zyloric commencer par 100 mg/jour

Toujours alcalinisation urinaire: pas d’HTA : Vichy Celestins 1.5 l/jour – si HTA ou Vichy insuffisante : citrate de K 20 mmoles 3 fois par jour – objectif pH secondes urines du matin > 6 mais sans dépasser 7

Struvite (Phospho-amoniaco-magnésien)

chirurgie + antibiothérapie

surveillance pH urinaire (doit être < 7) et sédiment

Cystine

diurèse forcée : 1 litre d’urine nécessaire pour solubiliser 1 mmole de cystine

alcalinisation des urines avec pH > 7 : citrate de K début 20 mmoles 3 fois par jour à ajuster

régime sans méthionine (contrainte +++  et efficacité non prouvée)

D-pénicillamine : 625 mg chélate 1 mmole de cystine (effets secondaires +++ et poso max 900 mg/j). Peut être substituée par tiopronine (max 750 mg). Efficacité individuelle possible mais non démontrée sur collectif de patients.

surveillance biologique et morphologique tous les 6 mois

Carbapatite ou brushite (phosphate de calcium)

si hyperparthyroidisme primaire : chirurgie

si acidose tubulaire distale : citrate de K 20 mmoles 3 x jour ± modurétic (25 à 50 mg/j) si l’hypercalciurie n’est pas corrigée par le citrate

si hypercalciurie : normaliser l’apport de calcium à 1g/jour, diminuer ration protéines (1 g/Kg/j) et réduire apports sel < 200 mmoles/j et bannir les suppléments de vitamine D. Si insuffisant moduretic 25 à 50 mg/j.

Weddelite ou whewellite (oxalate de calcium)

hypercalciurie : idem phosphate de calcium

hyperuraturie : idem acide urique

hyperoxalurie : rechercher pathologie digestive (Crohn, maladie caeliaque, mucoviscidose, shunt digestif…) – rechercher restriction alimentaire en calcium – bannir les suppléments de vitamine C – diminuer apports alimentaires (chocolat, thé, épinards, blettes, oseille, persil, rhubarbe, lentilles…) – normaliser les apports de calcium voire les augmenter au delà d’un gramme si pas d’hypercalciurie – si pathologie digestive ajouter calcium per os jusqu’à 6 g/j voir plus et associer cholestyramine – tester supplément vitamine B6 si réfractaire

hypocitraturie: réduire les apports de protéines (1 g/Kg/j) – augmenter fruits et légumes frais – si insuffisant supplément citrate de K 20 mmoles x 3 par jour et adapter dose pour pH urinaire < ou égal à 7 le matin

Dans tous les cas le bilan biologique urinaire doit être répété un mois après l’instauration des mesures thérapeutiques et être ajusté. Idéalement, le patient doit ensuite être revu 3 mois après puis six mois avec à chaque fois un bilan biologique urinaire. Au bout d’une année de stabilité, la patient est suivi par son médecin traitant.

  1. Pas encore de commentaire.
  1. Pas encore de rétrolien.